mercredi 14 janvier 2009

Chronique : maltraitance à l'école ...

14 janvier, deuxième semaine du second trimestre.

Hier, la journée n'a pas été trop mauvaise, mais j'ai dû traiter pour la première fois un cas d'élève brutalisé. Révoltant de voir ça, un petit de Year 7 (6e en France) recroquevillé dans un coin en train de pleurer, ses affaires éparpillées autour de lui,
alors que trois "grands" se barrent en voyant un prof arriver. Oh, qu'ils courent : j'ai leurs visages bien en tête, demain je me tape le trombinoscope de l'école, et rien à faire si j'y passe tout mon jour de congé. Si je les attrape, ils passeront un mauvais, très mauvais quart d'heure !!!

Le lendemain (aujourd'hui donc) ...

Ce fut une longue journée, car j'y ai effectivement passé tout mon jour de congé. Mais j'ai fini par identifier ces gars. Je me suis empressé d'aller les chercher en plein milieu de leur cours et de leur passer un savon qu'il n'oublieront pas de sitôt. En public en plus. Puisqu'ils ont essayé de faire ça en douce, ils seront humiliés devant tout le monde! Et trois jours de détention scolaire, hop. Pour finir, je les ai envoyé au chef de département qui leur a remonté les bretelles une deuxième fois, et qui a rajouté une convocation des parents à la facture.

J'y ai peut-être été fort, mais là, j'avais ruminé penda
nt un moment. Et les autres profs ont aprouvé. Punir trop sévèrement peut "braquer" les élèves et n'a pas toujours grand effet, mais ça, on ne laissera pas passer. Qu'on traite les profs aussi mal qu'on veut : ils sont payés pour être là et ont les moyens de se défendre. Ca fait partie du jeu, même si certaines écoles ont une mentalité plus mûre. Mais à trois grands - trois! - contre un petit gosse, et juste parce qu'il est un peu "différent" mentalement ... ça, c'était lâche, bas, répugnant - et ce qui leur arrive, ils l'ont mérité.


Je ne suis plus vraiment en colère. Mais j'espère vraiment que ça les fera réfléchir. Car ces gars sont loin d'être idiots. C'est un crève-coeur de les voir gaspiller leurs capacités à essayer de rouler des biceps, fumer et boire en douce entre les cours, insulter tout ce qui bouge, d'essayer de se faire passer pour des "hommes" ... alors qu'ils ne sont encore que des gamins. J'ai essayé de terminer en jouant sur leur fierté, en leur disant que les hommes ne frappent pas les plus jeunes, que c'était bien plutôt en les aidant, en partageant leur expérience en plus, qu'ils se feront respecter. Mon anglais est si imparfait, ça me fait enrager de ne pas pouvoir formuler facilement mes idées. Mais l'un a semblé prêter plus attention que les autres. Peut-être qu'il se souviendra ...

Curieux : plus je reste à l'Open Academy, moins j'en vois les mauvais côtés. Une journée comme ça m'aurait mis sur les genoux en septembre, et je viens de répondre à quelqu'un qu'elle a été plutôt bonne. Est-ce que je serais en train de m'y attacher, à mon
école de cinglés ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

salut héros cartapus,
bravo continue à mater ces méchants
anglais. ils seront ki est cartapus,
le francais ki est devenu prof, le prof ki est devenu un héros! ;-)
bon courage pour la suite.
a+
ps: tu peux en taper quelques uns si tu veux. lol

Anonyme a dit…

*impressionnée*

mais veille à ce que la colère ne guide pas tes actes...

Espérons qu'un dialogue pourra s'établir entre ces "durs à cuire" (mais que cache cette carapace ?) et leur Great Teacher JG...